Bordeaux | Un ancien commissariat repensé en complexe mixte
À Bordeaux, l’ancien commissariat de la rue République entame une seconde vie. L’opération Republic, portée par le bailleur Gironde Habitat et conçue par BLP & Associés, transforme ce bâtiment de 1860 en un programme mixte de 21 500 m² pour un budget de 48 M€ HT.
Le projet s’articule autour de deux axes principaux : une réhabilitation patrimoniale et une construction neuve. Dans l’édifice historique (successivement école pour sourds et muets, commissariat, puis annexe préfectorale), 69 logements en accession sociale et libre côtoient un hôtel 5 étoiles de 66 chambres. À l’arrière, un bâtiment neuf accueille 104 logements sociaux et des locaux d’activité. Un parking souterrain de deux niveaux complète l’ensemble.
Les anciens bureaux et cellules de garde à vue ont donné naissance à des appartements atypiques dotés de grandes hauteurs sous plafond et de patios intérieurs. Les parties communes mettent en valeur un escalier en voûte sarrasine et des décors peints d’origine.
Etalé sur cinq ans, le chantier a dû composer avec des découvertes archéologiques, des recours de riverains et la suppression d’un étage sur le bâtiment neuf. Les logements ont été livrés en mars 2026, l’hôtel est attendu pour 2029. Un passage public reliera désormais les rues Thiac et Castéja, ouvrant aux Bordelais un patrimoine longtemps resté confidentiel.
Post-JO 2024 | Où en est la construction bois francilienne ?
L’effet Jeux olympiques et paralympiques (JOP) s’estompe, mais la construction bois francilienne tient bon. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire francilien de la construction bois, publiés par Fibois Île-de-France et Wavestone, 185 projets ont été livrés en 2025, pour 718 000 m² SP. Un recul par rapport à 2024 (227 projets, 766 000 m² SP), qui s’explique par la fin des grands chantiers olympiques et le ralentissement généralisé du secteur.
Malgré ce repli, la filière affiche une trajectoire solide : la surface de plancher totale a été multipliée par 1,8 entre 2015 et 2025. La part de marché du bois atteint même 12 % des surfaces livrées en 2025, contre 8 % l’année précédente. Un signal fort de résilience dans un contexte de contraction globale.
Côté géographie, les cartes ont été redistribuées. Après Paris et la Seine–Saint-Denis en 2024, les Hauts-de-Seine prennent la tête en 2025 avec 216 100 m², portés notamment par le campus Engie de La Garenne-Colombes (95 000 m²).
À noter : le coût moyen des travaux s’établit désormais à 2 800 €/m², soit une hausse de 35 % en quatre ans.
Biennale de Venise 2027 | La loi sur l’architecture passée au crible
L’agence Particules, fondée par Fabienne Boudon et Lou Bellegarde, assurera le commissariat du Pavillon français lors de la XXe Biennale d’architecture de Venise, qui se tiendra du 8 mai au 21 novembre 2027. Le projet, intitulé « Res publica : what is this space between you and me ? », a été retenu par les ministères de la Culture et des Affaires étrangères après un appel à candidatures lancé à l’été 2025.
L’enjeu est de taille : célébrer le cinquantenaire de la loi de 1977 qui a érigé l’architecture en « expression de la culture » — tout en mesurant l’écart entre ses ambitions et la réalité du terrain. L’agence, lauréate du Palmarès des jeunes urbanistes 2018, identifie trois angles morts du texte : la réhabilitation et l’héritage bâti, les nouvelles alliances professionnelles autour de la responsabilité de l’architecte, et la maîtrise de la qualité en amont et en aval du permis de construire.
Pour étayer cette vision critique, Particules s’appuiera sur une enquête menée dans quatre quartiers des années 1970 — le Blosne à Rennes, le Mont d’Est à Noisy-le-Grand, la Villeneuve à Grenoble et la Cita Marghera à Venise. Un film confrontera les utopies d’origine à la réalité, vécue par les habitants, aux futurs possibles.
Poitiers | L’EESI conjugue low-tech et intégration urbaine
L’École européenne supérieure de l’image (EESI) prend forme au cœur du quartier des Couronneries, à Poitiers. Opération phare du NPNRU local, ce projet de 18,4 M€ HT doté de près de 4 500 m² accueillera 120 étudiants, qui quitteront enfin des locaux vétustes en centre-ville.
L’agence parisienne Cosa, pilotée par Benjamin Colboc, a conçu un édifice en dialogue avec le tissu urbain des années 1960. Le parti architectural joue la carte de la perméabilité : un hall traversant et un forum public ouvriront l’école aux habitants, pour créer de véritables interactions avec le quartier.
Côté constructif, le projet affiche une labellisation E3 C2 et combine béton décarboné préfabriqué — retenu aussi pour ses performances antisismiques — et éléments bois en façade et planchers. L’approche low-tech se traduit par une nef centrale qui assure la régulation thermique et lumineuse par des dispositifs passifs.
Volontairement bruts, les espaces intérieurs sont pensés pour une appropriation directe par les étudiants : ateliers modulables, surfaces d’exposition libres. L’ouverture est prévue à la rentrée prochaine.
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