Réemploi et bois-paille | La rénovation du diocèse de Marseille
Inspiré par l’encyclique « Laudato Si' » du pape François, le diocèse de Marseille a engagé la valorisation durable de son patrimoine sous-occupé. Une charte, adoptée en 2022, impose réemploi, matériaux biosourcés, low-tech et conception bioclimatique.
La démarche répond aussi à un impératif financier. L’institution investit 48 M€ sur dix ans pour générer 2,3 M€ de loyers nets annuels et combler son déficit. Dix-sept projets sont validés, soit 30,1 M€ de travaux.
L’ancien centre paroissial de Sainte-Marthe illustre cette ambition. Livré fin 2026, il proposera 14 logements répartis entre une bastide du XIXe siècle, un ancien théâtre et des constructions neuves. Le chantier associe préfabrication, structure bois, isolation paille et déconstruction sélective.
Les résultats ? Cent quarante six tonnes de matériaux récupérés, des briques pleines redécoupées en cloisons à inertie, de la terre excavée transformée en enduits et briques adobe. La déconstruction a coûté 30 000 €, soit autant qu’une démolition classique.
Une formation à la construction bois-paille a permis de réduire les épaisseurs et d’abaisser les coûts de 9 %. L’opération a même donné naissance à la coopérative CooTerre.
Gisors | Un pôle culturel métamorphose une friche en nouveau cœur urbain
Livré en avril 2026 à Gisors (Eure), le pôle culturel signé Richter Architectes relève un défi de taille. En marge du centre-ville, le site cumulait les handicaps : sol de remblais pollué, nappe affleurante, vestiges industriels et zone partiellement inondable.
Plutôt que d’effacer ces contraintes, les concepteurs ont choisi de composer avec. Les volumes s’alignent en une seule séquence, bordés au sud par une galerie couverte qui relie logements, commerces et rives de l’Epte. Longtemps ignorée, la rivière retrouve sa place grâce à une renaturation complète de ses berges.
L’ensemble arbore un béton velouté aux reflets jaunes, en écho aux teintes minérales de la ville. À l’intérieur, les ambiances se répondent : rouge profond pour le cinéma Jour de fête, lumière diffuse et bois blond pour la médiathèque Thérèse-Baton.
Le succès dépasse les prévisions. Fréquentation record, appropriation spontanée des espaces extérieurs par les riverains et retour rapide de la biodiversité confirment la réussite du projet.
Chiffres clés : 2 676 m² SP, 8 000 m² d’espaces publics, 10 M€ HT.
Data centers | Les agences d’architecture face à un marché en pleine expansion
L’essor des data centers redistribue les cartes au sein des agences d’architecture françaises. Si ces infrastructures existent depuis les années 1970 en Île-de-France, leur multiplication récente attire désormais toute la profession, alors que le tertiaire et la logistique ralentissent.
Le poids économique de l’architecture reste minoritaire dans ces dossiers. Pourtant, investisseurs et promoteurs reconnaissent son rôle décisif pour l’acceptabilité des projets. Exemplarité environnementale, insertion paysagère, dialogue territorial : les architectes se positionnent en « tiers de confiance » entre maîtres d’ouvrage et élus.
Les stratégies divergent. Kardham a racheté DK Architectes fin 2025. Patriarche a créé une entité dédiée, Patriarche AI, qui mobilise 80 collaborateurs. Ce marché pèse 30 % de son activité en 2026. L’Atelier M3 prévoit que les data centers occuperont 90 % de son pôle tertiaire. À l’inverse, Enia assume une diversification volontaire et refuse de spécialiser ses équipes.
Un même marché, donc, mais des visions différentes sur la place à lui accorder dans l’identité des agences.
Tour Montparnasse | Retour à la case départ pour l’IGH parisien
Le couperet est tombé le 23 septembre 2026. Réunis en assemblée générale, les copropriétaires de la tour Montparnasse ont rejeté à 76 % le lancement des travaux de rénovation. Cette décision signe l’abandon du projet imaginé par le collectif Nouvelle AOM, lauréat du concours « Demain Montparnasse » en 2016.
Exit la tour vitrée aux terrasses arborées, l’hôtel et la serre agricole perchée à 210 mètres. Deux facteurs expliquent ce renoncement : l’envolée des coûts, estimés désormais à 800 millions d’euros, et de profondes dissensions entre investisseurs. Les désaccords portaient notamment sur les étages réservés à l’hôtel, opposant LFPI, principal copropriétaire, à Frédéric Lemos.
Un nouveau conseil syndical, plus resserré avec huit membres, a vu le jour. Les travaux urgents de désamiantage, d’une durée de deux ans, démarrent sans permis. Ce délai doit permettre d’élaborer un projet plus modeste, centré sur la façade et la mise en conformité au PLU bioclimatique.
La silhouette emblématique sera préservée. Reste une incertitude : l’avenir de la rénovation du centre commercial signée Renzo Piano, attendue pour 2032.