En tant qu’assureur des architectes, la MAF est attentive aux pratiques professionnelles qui peuvent avoir des conséquences sur la réalisation des opérations et, in fine, sur leur responsabilité. Le choix des entreprises en fait partie.
Choisir les entreprises

Cette étape mérite pourtant une attention particulière. Car choisir une entreprise ne consiste pas uniquement à comparer des prix : il s’agit aussi de s’assurer de ses compétences, de ses moyens et de sa capacité à mener à bien le chantier.

Dans le cadre de sa mission d’assistance à la passation des marchés de travaux, le maître d’oeuvre accompagne le maître d’ouvrage dans ce choix. Une mission de conseil qui doit être menée avec rigueur et dont les recommandations doivent pouvoir être formalisées par écrit et justifiées.

Ne pas choisir uniquement sur le prix

L’analyse des candidatures doit permettre d’apprécier la capacité réelle des entreprises à répondre aux exigences de l’opération. Compétences techniques, références sur des opérations comparables, qualifications et certifications, moyens humains disponibles : autant d’éléments à examiner.

Lorsque le projet le nécessite, les compétences du bureau d’études interne ou des partenaires techniques de l’entreprise doivent également être prises en compte. L’objectif est de vérifier que son organisation et ses moyens sont adaptés à la nature et à l’importance du chantier.

Le prix ne peut, lui non plus, constituer l’unique critère. Une offre anormalement basse peut être le signe de difficultés futures, tandis qu’une offre économiquement cohérente et correctement justifiée peut constituer un indicateur de fiabilité. Dans cette appréciation globale, le mieux-disant doit être privilégié au seul moins-disant.

La sinistralité : un signal à regarder de près

Autre élément susceptible d’éclairer l’analyse : l’historique de sinistralité de l’entreprise.

Attention toutefois à ne pas tirer de conclusion du seul nombre de sinistres déclarés. Une entreprise qui réalise un grand nombre d’opérations peut naturellement connaître davantage de déclarations. C’est leur analyse qualitative qui peut se révéler pertinente.

Plusieurs indicateurs peuvent notamment être observés :

/ Les dossiers clôturés sans suite, qui peuvent montrer que la réclamation initiale n’était pas fondée ou n’a pas conduit à une mise en cause effective de l’entreprise.

/ L’évolution de la sinistralité, une augmentation significative dans le temps pouvant constituer un signal de dégradation de la qualité des prestations ou de difficultés dans le service après-vente.

/ Les désordres survenus au cours de la première année suivant la réception, qui peuvent notamment interroger sur la capacité de l’entreprise à intervenir dans le cadre de la garantie de parfait achèvement.

/ La nature et la récurrence des sinistres, qui peuvent révéler des difficultés répétées sur certaines typologies de travaux et éclairer les domaines de compétence réellement maîtrisés par l’entreprise.

/ La gravité des désordres et leurs conséquences, notamment lorsqu’ils ont entraîné des indemnisations importantes, des expertises judiciaires ou la mobilisation des garanties d’assurance.

Un outil de prévention, pas un automatisme

Pour autant, la sinistralité ne constitue pas un motif automatique d’exclusion d’une entreprise. Elle doit être considérée comme un élément parmi d’autres dans l’appréciation de sa candidature.

Elle peut surtout être l’occasion d’échanger avec l’entreprise et le maître d’ouvrage : quelle était la nature des désordres ?
Comment ont-ils été traités ? Quelles mesures correctives ont été mises en place ? Ces échanges peuvent contribuer à mieux apprécier les risques liés au choix d’une entreprise et à anticiper d’éventuelles difficultés.

Pour le maître d’oeuvre, la rigueur de cette analyse est également un moyen de documenter son devoir de conseil.

Compétences, références, moyens, cohérence de l’offre et, lorsque cela est pertinent, historique de sinistralité : croiser ces différents éléments permet de formuler une recommandation argumentée auprès du maître d’ouvrage.

La prévention des risques commence avant le démarrage du chantier. Prendre le temps de bien analyser les entreprises auxquelles seront confiés les travaux, c’est déjà contribuer à sécuriser l’opération et, plus largement, son propre exercice professionnel.