IA et formation d’ingénieurs | Les écoles du BTP ajustent le cap
Alors que 27 % des professions de l’architecture et de l’ingénierie sont exposées à l’automatisation par l’IA générative selon une étude Coface/OEM, les écoles d’ingénieurs du BTP restructurent leurs maquettes pédagogiques.
L’ESITC Paris a introduit un module de sensibilisation dès la première année et un enseignement approfondi en machine learning en quatrième année.
L’École des Ponts ParisTech propose désormais un parcours croisant génie civil et data science, tandis que ses mastériens exploitent un moteur d’IA intégré à la réglementation et à la base Batiprix.
Builders École d’ingénieurs mise sur des exercices de vérification critique des résultats produits par l’IA.
Le Cnam a actualisé son programme « Outils numériques et IA » pour ses ingénieurs en apprentissage.
Malgré ces évolutions, tous les acteurs s’accordent : la maîtrise de la résistance des matériaux, de la thermique ou du dimensionnement reste incontournable. Côté entreprises, Setec et Rabot Dutilleul confirment cette ligne. Ils recrutent avant tout des profils dotés d’un solide bagage technique et d’un esprit critique, capables d’exploiter l’IA comme levier, sans jamais lui déléguer la décision finale.
Reut et chantiers ferroviaires | Le pari de SNCF Réseau à Nîmes
SNCF Réseau franchit un cap dans la gestion de la ressource en eau sur ses chantiers. À Nîmes, le gestionnaire d’infrastructures ferroviaires a testé à l’été 2025 un prototype de réutilisation des eaux usées traitées (Reut). Pendant six semaines, 500 m³ d’eau ont été acheminés depuis la station d’épuration locale vers sa base travaux, puis filtrés par un dispositif conçu par InovaYa.
Développé avec le bureau d’études Ecofilae et soutenu par la fondation Ferec, ce pilote visait à éprouver la logistique et la qualité sanitaire du système en conditions réelles. L’étape suivante est programmée à l’été 2026 : l’eau recyclée alimentera un chantier de remplacement de voies par suite rapide, sur trois mois.
L’enjeu économique est considérable. Certes, cette eau coûte plus cher que celle du réseau. Mais une séance de travaux perdue pour cause de restriction hydrique représente 1 M€ de frais d’immobilisation. Sauver une seule semaine de chantier suffirait à rentabiliser le dispositif sur plusieurs années.
Le déploiement se heurte toutefois à des lourdeurs réglementaires. SNCF Réseau a constitué un groupe de travail avec Infra 2050, la FNTP et Vinci pour faire évoluer le cadre juridique.