La Cité de l’architecture | Jean-Sébastien Lebreton, nouveau directeur de la création architecturale
La Cité de l’architecture et du patrimoine a annoncé l’investiture de Jean-Sébastien Lebreton au poste de directeur du département de la création architecturale. Il prendra ses fonctions le 9 mars 2026, succédant à Francis Rambert qui occupait ce poste depuis 2004.
Architecte diplômé de l’ENSA Versailles (2011), Jean-Sébastien Lebreton apporte une solide expertise acquise au Pavillon de l’Arsenal (où il a œuvré de 2011 à 2025), d’abord comme commissaire d’exposition, puis comme directeur des expositions. Ses travaux se concentrent sur les pratiques architecturales émergentes et la fabrique urbaine durable.
Depuis 2017, il contribue à l’accélérateur de projets FAIRE, soutenant l’innovation en architecture et urbanisme. Son engagement académique s’étend aux prestigieuses institutions, comme Columbia GSAPP (2018) et aux ENSA Versailles et Paris-Malaquais depuis 2023.
Cette nomination s’inscrit dans la continuité de la mission de la Cité : promouvoir l’architecture contemporaine et créer des espaces de dialogue autour des enjeux architecturaux actuels. Le nouveau directeur devra notamment développer des initiatives favorisant l’expérimentation et la diffusion des pratiques vertueuses face aux défis urbains contemporains.
Réhabilitation patrimoniale | Un hôpital du XIIIe siècle transformé en 88 logements
La transformation de l’ancien hôpital Notre-Dame de Seclin, fondé en 1240 par Marguerite de Flandre, illustre parfaitement les défis titanesques de la réhabilitation patrimoniale. Ce monument historique classé depuis 1932 abrite désormais 88 logements après dix années de travaux mouvementés.
Initialement confié à La Financière Vauban en 2014, le projet connaît un premier coup d’arrêt avec l’abandon du promoteur. Histoire & Patrimoine reprend le flambeau en 2017, mais doit faire face à une cascade d’obstacles : pandémie de Covid-19, inflation galopante des matériaux et pénurie d’artisans spécialisés, happés par la reconstruction de Notre-Dame de Paris.
Le budget explose, passant de 11 à 25 millions d’euros, soit 7 500 euros/m². Cette hausse de 127 % s’explique par la complexité technique imposée par la Drac : installation de cuisines en îlot pour préserver les murs historiques, dissimulation des réseaux derrière les boiseries, conservation des signatures d’époque sur les charpentes.
Malgré ces défis, les 5 000 m² ont trouvé preneur en quelques semaines grâce au dispositif fiscal Monuments Historiques. Les parties communes— cloître, chapelle, salle des malades — sont désormais ouvertes au public.
Concours de maîtrise d’œuvre | Un outil démocratique menacé selon l’Ordre des architectes
Le Conseil national de l’Ordre des architectes (Cnoa) conteste fermement le projet gouvernemental de relever le seuil de concours obligatoire de 216 000 à 300 000 euros pour les collectivités territoriales. Selon son président, Christophe Millet, cette mesure compromettrait la qualité architecturale et la transparence des projets publics.
Le concours reste, d’après lui, la procédure la plus démocratique et sécurisée juridiquement. Les données confirment cette analyse : très peu de recours contentieux concernent cette méthode de sélection. De nombreux élus l’utilisent d’ailleurs volontairement, même sous les seuils actuels.
Au-delà des questions de légalité européenne, le Cnoa défend l’efficacité économique du concours. Cette procédure permet aux maîtres d’ouvrage de sélectionner un projet architectural complet avec une estimation budgétaire fiable. Les procédures adaptées, elles, n’offrent aucune garantie sur l’adéquation finale entre projet et budget.
L’expérience des bailleurs sociaux, dispensés de concours depuis 2018, révèle un déficit d’innovation architecturale. Le Cnoa plaide pour simplifier les pratiques actuelles, notamment en limitant à trois équipes candidates et en favorisant l’accès aux jeunes agences.
Les conseils d’architecture en péril | Première liquidation dans la Manche
Les Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) traversent une crise sans précédent à la suite de la réforme de la taxe d’aménagement (TA) de septembre 2022. Cette réorganisation a transféré la collecte de cette taxe des services déconcentrés vers la DGFiP, entraînant des dysfonctionnements majeurs : outils numériques défaillants, processus dématérialisés incompréhensibles et moyens humains réduits. Le rendement de la taxe a chuté de 56 % en deux ans, atteignant seulement 1 milliard d’euros en 2025.
Le CAUE de la Manche a été placé en liquidation judiciaire le 28 octobre 2025. D’autres structures, comme celles de l’Orne, de l’Ain ou du Maine-et-Loire, sont menacées. Près de 80 postes ont déjà disparu dans les 92 CAUE entre 2024 et 2025.
Créées en 1977, ces associations jouent pourtant un rôle central d’accompagnement gratuit des élus ruraux et des particuliers. La profession réclame des mesures d’urgence et une refonte du modèle de financement, jugé paradoxal, car dépendant de la construction neuve alors que les CAUE promeuvent la sobriété foncière.
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05 janvier 2026