Une fois dissipé le rêve d’enfant qui le place aux commandes d’un avion de chasse, Mathieu Bourachot empile les étapes dans l’ordre : les études d’ingénieur, le service militaire et la première expérience professionnelle dans un bureau d’études d’économiste. Un temps, il cède à la curiosité qui le conduit à aller voir comment se passent les choses côté entreprise
générale. Au bout de trois ans et d’une crise économique, il rebascule côté maîtrise d’œuvre et lance, en 2015, MBO Ingénierie.
MAF & Vous : Mathieu Bourachot, économiste de la construction chez MBO Ingénierie

Mathieu BourachotVous êtes économiste de la construction. Quel est le périmètre de vos interventions ?

Mon activité se décompose en trois phases : estimer, décrire et quantifier. Pour cela, nous réalisons des métrés à partir de modèles 3D qui nous permettent d’estimer les surfaces et volumes à réaliser. Sur cette base, et en collaboration avec les différentes équipes de maîtrise d’oeuvre, nous affinons notre calcul à mesure que le projet avance et que les différents paramètres se précisent. Une fois que le dossier est abouti, nous consultons les entreprises afin de confronter nos estimations avec leurs devis.

Connaître les contraintes de site et les modes opératoires des entreprises est indispensable à la bonne appréhension du prix d’un projet. Établir un chiffrage détaillé sur la base de quantités et de prix unitaires permet de fiabiliser les coûts et également de simuler différentes solutions. C’est sur cette base que l’architecte pourra considérer les différentes solutions en veillant au
respect à la fois de ses ambitions et de l’enveloppe budgétaire.

Sur quels types de projets travaillez-vous ?

Tous, et c’est bien là l’intérêt du métier d’économiste ! En fonction des spécificités propres à chaque secteur, je compose avec les paramètres, les intervenants et l’état d’avancement
du projet. Parfois, il faut travailler sur la base d’une intention et, pour autant, être en mesure de proposer un chiffrage pertinent.

Chaque fois, il faut tenir compte des priorités du promoteur, du terrain… Chaque projet est différent, et les réponses d’un jour ne sont pas celles du lendemain, avec les répercussions que l’on peut imaginer sur le budget d’une opération.

Face à toutes ces inconnues, une marge d’erreur est-elle tolérée ?

(Rires) Oui, le prix peut baisser autant que l’on veut, sans que cela ne soit jamais un problème ! L’inverse est beaucoup moins vrai.

Dans ce contexte, la pénurie des matériaux ne facilite pas notre travail d’anticipation. Avec, en moyenne, deux ans d’avance sur le projet, nos prévisions supportent mal les hausses de prix que nous connaissons actuellement…

Votre périmètre d’intervention se concentre sur la phase « étude » ?

Exactement. J’interviens de la phase « faisabilité » à la signature des marchés. Les modalités d’intervention peuvent varier : en direct avec le maître d’ouvrage ou dans le cadre d’un groupement de maîtrise d’oeuvre.

Comme avec l’agence Saison Menu ?

Nos premières collaborations remontent à l’époque où je travaillais pour le compte d’entreprises générales. Lorsque j’ai fait le choix de l’installation à mon compte, ils m’ont soutenu et nous avons ainsi développé un partenariat qui conduit à de beaux projets !

Je pense notamment à la réhabilitation du collège Jean-Macé à Lille. C’est une grande source de fierté d’avoir contribué à cette formidable aventure. Ensemble, nous travaillons selon un système itératif qui permet de placer les curseurs du projet au bon endroit, entre volonté du client et ambitions architecturales. Et, jusqu’à présent, je pense pouvoir affirmer sans me tromper que nous y parvenons plutôt bien…

 

"Chaque projet est différent, et les réponses d’un jour ne sont pas celles du lendemain, avec les répercussions que l’on peut imaginer sur le budget d’une opération."