Un four de cimenterie nouvelle génération construit avec un contrat Fidic
Bouygues Bâtiment Nord-Est a achevé la construction du génie civil d’un four de cimenterie nouvelle génération à Lumbres, dans le cadre d’un contrat Fidic « livre rouge », peu courant en France. Ce projet de 300 millions d’euros, dont 60 millions pour la partie génie civil, s’inscrit dans la modernisation du site Eqiom. Le four K6, d’une capacité de 3 500 tonnes/jour, remplacera deux modèles des années 1970. Il fonctionnera en filière sèche et émettra 20 % de CO2 de moins que ses prédécesseurs, avec la possibilité future de passer à l’oxycombustion.
Mené en site occupé, le chantier a nécessité 16 mois de travaux intensifs avec 450 compagnons, 7 grues simultanées et le coulage de 53 000 m³ de béton. Six ouvrages ont été réalisés en coffrage glissant, dont un silo de 50 000 tonnes culminant à 40 mètres. Le contrat Fidic a permis une collaboration pragmatique et réactive entre les équipes, facilitant la résolution rapide des défis techniques.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique internationale de réduction des émissions carbone, renforcée par la récente publication de l’annexe « Carbon Émissions Management » (CEM) par la FIDIC. Bien que cette annexe soit encore optionnelle, elle structure l’intégration des performances carbone dans les contrats de construction, avec des mécanismes incitatifs et des engagements mesurables. À l’avenir, ce type de contrat pourrait devenir une référence pour les projets industriels ambitieux et décarbonés, comme celui de Lumbres.
Innovation routière | Le Cerema déploie deux outils pour l’auscultation des chaussées
Le Cerema améliore l’auscultation routière avec deux innovations technologiques majeures. Le Tigre3D, unique déflectographe à grande vitesse en France, analyse la déformabilité des chaussées à 80 km/h contre 3 km/h pour les équipements traditionnels. Doté de 12 profilomètres laser, six accéléromètres et de multiples capteurs, il ausculte 400 km par jour contre 70 km maximum auparavant.
L’InfraGrip3D complète ce dispositif en mesurant l’adhérence avec une précision accrue. Ses deux roues d’adhérence analysent la micro-texture tandis qu’un laser évalue la macro-texture. Une centrale inertielle cartographie les caractéristiques géométriques (pentes, dévers, rayons de courbure).
Ces outils, qui représentent un investissement de 2,5 millions d’euros, dont 2 millions du FTAP, sont déjà utilisés par Sanef, mais aussi par plusieurs départements et métropoles. Ils rejoignent l’arsenal du Cerema comprenant le Radar3D et le CereMap3D, participant au projet de jumeau numérique de la France avec l’IGN et l’INRIA. Une modernisation qui permet une meilleure maintenance préventive des infrastructures routières.
Architecture frugale | Quand le low-tech transforme nos intérieurs
Corentin de Chatelperron, ingénieur et cofondateur de Low-tech Lab, dévoile son appartement démonstrateur low-tech au MoHo de Caen. Initiée par l’Ordre des architectes de Normandie, cette exposition itinérante fait suite à l’expérience menée à Boulogne-Billancourt. L’installation présente des modules compacts illustrant le concept d’habitat-écosystème, où déchets organiques, eau, insectes et champignons forment un cycle vertueux.
L’enjeu réside dans la désirabilité de ces solutions. « Il est possible de créer un logement low-tech beau et agréable à vivre », affirme Corentin de Chatelperron. Parmi les innovations présentées, le système de gestion électrique se distingue. Ce « cerveau » domotique, relié à 4 m² de panneaux solaires, pilote automatiquement les équipements grâce à des microcontrôleurs et des capteurs météorologiques. Résultat : une division par quinze des consommations énergétiques.
Toutes ces solutions sont accessibles gratuitement en open source sur biosphere-experience.org, offrant aux architectes et constructeurs des pistes concrètes pour concevoir des logements sobres et performants. Un modèle qui réconcilie technologie, écologie et qualité de vie.
Les systèmes CVC | Pierre angulaire de la transition écologique hospitalière
À partir du 1er mai 2026, la RE2020 s’appliquera aux établissements de santé. Le secteur hospitalier avait anticipé cette évolution, avec des projets dépassant déjà la RT 2012. Les défis concernent principalement les systèmes CVC, centraux pour la décontamination de l’air dans les blocs opératoires. Les hôpitaux adoptent des solutions innovantes : centrales de traitement d’air individuelles pour réduire la consommation nocturne, thermofrigopompes pour fournir simultanément chaud et froid, et géothermie offrant des rendements cinq fois supérieurs aux radiateurs électriques classiques.
Le surcoût estimé à 4 % semble accepté par la profession. Les établissements peuvent s’appuyer sur les conseillers régionaux en transition énergétique (CTEES) et l’Agence nationale de la performance sanitaire. Pierre Nassif, directeur du pôle investissements au CHU de Nantes, souligne l’importance de raisonner en coût global. Les Ingénieurs hospitaliers de France aborderont ces enjeux lors de leurs journées d’étude à Nantes en juin 2026.