Setec | Cap sur l’international malgré un ralentissement conjoncturel
En 2025, Setec affiche un chiffre d’affaires de 560 M€, mais une croissance limitée à 2 %, loin des 12 à 15 % enregistrés après la pandémie. Son président, Michel Kahan, impute ce tassement à l’attentisme politique français, où le groupe réalise 70 % de son activité.
Pour rebondir, Setec multiplie les acquisitions ciblées : ingénierie maritime écossaise, management de projet, évaluation environnementale. Le groupe accélère aussi son déploiement mondial. En Angleterre, il œuvre sur le nucléaire (Hinkley Point, Sizewell) et le ferroviaire HS2. En Afrique, il pilote la LGV marocaine et les transports urbains de Dakar et Abidjan. Les ambitions s’étendent au Canada, au Pérou et au Moyen-Orient, notamment l’Expo 2030 à Riyad.
Setec a une démarche éthique forte. Son comité « go/no go », adossé à la charte « Ingénieurs et citoyens », a écarté 29 projets sur 59 en 2024. Le groupe investit également dans l’adaptation climatique via Setec Climate Risk et déploie l’intelligence artificielle pour optimiser la conception, tout en surveillant son empreinte environnementale.
Mobilité urbaine à Dijon | Une troisième ligne de tramway en chantier
Ingérop a décroché la maîtrise d’œuvre de la future ligne 3 du tramway de Dijon Métropole. L’annonce est tombée le 5 octobre. L’ingénieriste mène un groupement aux côtés d’Artelia et de landForma (ex-Richez_Associés). Les honoraires atteignent 16 millions d’euros, pour un chantier dont le coût total s’élève à 200 millions d’euros.
Le projet prévoit 8 kilomètres de lignes neuves et 3 kilomètres partagés avec les deux premières lignes, en service depuis 2012. Ce tracé nord-sud de 11 km reliera le centre-ville, le CHU, l’université ainsi que plusieurs équipements sportifs et zones d’activités. Au total, 21 stations jalonneront le parcours, dont 14 à créer.
Le principal défi technique réside dans le raccordement de la nouvelle ligne au réseau existant en quatre points. Ingérop mobilisera jusqu’à 30 ingénieurs en simultané. Le recours aux voies déjà construites, sur un bon quart du tronçon, permet de maîtriser les coûts.
Les travaux comprennent la restructuration du centre de maintenance André-Gervais, deux parcs-relais et des aménagements paysagers favorables aux îlots de fraîcheur. La mise en service est attendue fin 2030.
Présidentielle 2027 | L’ingénierie française réclame un État stratège
Yves Metz a été élu à la présidence de Syntec-Ingénierie le 17 septembre 2026. Vice-président du syndicat depuis 2013, le président d’Ingérop, succède à Michel Kahan. Son objectif est de peser dans le débat électoral et de convaincre le futur exécutif de revoir sa méthode.
Son constat est sévère : l’État gère trop souvent les difficultés dans l’urgence. Le syndicat plaide pour un retour à l’anticipation et à la planification. Il veut un État stratège, qui réduit ses dépenses de fonctionnement pour financer des investissements de long terme. Ces investissements devraient s’inscrire dans des lois de programmation pluriannuelles et être portés sur le terrain par des maîtrises d’ouvrage solides.
La commande publique est un autre sujet central. Syntec-Ingénierie demande d’en finir avec le choix des offres les moins chères et les plus court-termistes. La durabilité, l’exigence environnementale et l’innovation doivent passer en premier. La convention signée avec l’Agence française de développement suit la même logique : le prix n’y est plus le critère principal de sélection des équipes de maîtrise d’œuvre.
La souveraineté occupe aussi une place clé. Pour réindustrialiser le pays, il faut une ingénierie française et européenne forte. Le syndicat appelle également à lancer des programmes de résilience des infrastructures et des bâtiments. Selon lui, ne rien faire aujourd’hui coûtera très cher demain.
Reste la question des compétences. Il manquera 20 000 ingénieurs à l’horizon 2035. Dans le même temps, le nombre de jeunes femmes recule dans les écoles d’ingénieurs. La profession compte environ trois quarts d’hommes, loin de la parité visée. Le nouveau bureau du syndicat donne l’exemple avec trois femmes sur sept membres.
L’intelligence artificielle s’ajoute à ces enjeux. Yves Metz veut que les futurs ingénieurs maîtrisent ces outils sans perdre leur savoir-faire. Quant au Cerema, son rôle sur la doctrine technique est jugé capital. Il intervient en amont des projets, comme les CAUE, et l’ingénierie privée prend ensuite le relais.