Paysage | Une croissance au-dessus des prévisions
Bonne nouvelle pour la filière paysage. Le dernier baromètre Unep-Valhor-Agrica révèle une croissance de + 3 % du chiffre d’affaires au premier semestre 2026, soit un point de plus que les estimations de février. Les carnets de commandes grimpent à 135 jours d’activité en moyenne.
Ce dynamisme repose avant tout sur l’entretien des jardins et espaces verts, premier moteur du secteur avec + 4 % sur le semestre. La commande publique redémarre également : après un recul de 3 % fin 2025, elle progresse de 2 %. Une embellie qui devrait durer, puisque 38 % des entreprises anticipent une hausse de leur activité sur les marchés publics.
Côté emploi, le secteur continue de recruter, principalement en CDI, avec un solde embauches-départs positif de 9,5 %.
Mais la prudence reste de mise. Les fortes chaleurs, la sécheresse et les incendies de juin ont pesé sur l’activité et les tensions au Moyen-Orient ravivent les craintes sur les prix de l’énergie et des matières premières. Résultat : les dirigeants tablent sur un ralentissement, avec une croissance limitée à +1 % au second semestre.
Mégafeux | Les acteurs de la forêt méditerranéenne passent à l’offensive
Les feux de l’été ont marqué les esprits : 6 300 hectares partis en fumée dans le massif du Gros Bessillon. Le constat du préfet du Var, Simon Babre, est sans appel. Nos territoires ne sont pas prêts. Une large concertation vient donc d’être lancée avec le département et la région Paca. Quatre groupes de travail planchent sur la gestion forestière, la prévention, la lutte et l’aménagement. Objectif : un plan d’action d’ici la fin d’année.
L’enjeu est clair : réduire les risques en diminuant la masse combustible, en multipliant les pistes d’accès et en facilitant l’approvisionnement en eau.
Le paysage devient un allié stratégique. À Gonfaron, le syndicat mixte du massif des Maures a créé cinq zones charnières perpendiculaires aux couloirs de feu pour freiner les flammes.
Ce principe inspire aujourd’hui la vallée du Ghjunsani, en Haute-Corse. Le paysagiste Jordan Szcrupak y développe des « pyropaysages », des mosaïques végétales conçues pour ralentir le feu. Une ceinture verte de 200 mètres, entretenue par le pastoralisme et les vergers, protège désormais les villages. Un modèle de gestion intégrée appelé à essaimer.
Belval | Neuf pavillons pour étudier la faune sauvage
Dans les Ardennes, la Fondation François Sommer vient d’enrichir son domaine historique de Belval, implanté sur un terrain de 1 050 hectares. Objectif : agrandir son centre dédié à la formation, à la recherche et à la création artistique. Inauguré début juillet, le projet représente un investissement de 13 M€ TTC, dont 8 M€ HT de travaux.
Pour mener à bien cette réalisation, la Fondation a réuni Frédéric Denisart (Atelier Matières d’Architecture) et Paul Landauer (Atelier Landauer). Leur réponse : un « hameau » de neuf pavillons totalisant 2 500 m². Ces volumes de 15 m de côté accueillent les fonctions du centre, l’hébergement, la restauration et un espace dédié à la création.
L’implantation soigne l’intégration paysagère. Orienté nord-ouest, le terrain s’étend en légère pente entre forêt et plaine. Les toitures en tuiles plates de terre cuite signent l’identité visuelle de l’ensemble.
Le projet mise sur les matériaux naturels et les circuits courts. Au programme : ossature bois, charpente lamellé-collé, isolation en paille, murs de pierre de 70 cm d’épaisseur et chêne issu de la forêt de Belval.
Barentin | Un parc public ressuscite la mémoire textile
À Barentin, en Seine-Maritime, le parc Auguste-Badin a ouvert ses portes en septembre 2025. Sur 17 hectares de fond de vallée, il occupe l’emplacement des anciennes filatures Badin, qui marquent 150 ans d’histoire locale. À son apogée, l’usine employait plusieurs milliers de salariés. Elle n’en comptait plus qu’une centaine à sa fermeture en 2008.
Devenue propriétaire du site en 2018, la commune a choisi le verdissement, plébiscité par référendum en 2021. La paysagiste Laure Planchais a conçu un projet fondé sur le non-suraménagement. Prairies en gestion extensive, zones humides et cours d’eau renaturés dialoguent avec les grands cèdres et séquoias hérités de l’arboretum d’Auguste Badin.
Le parti pris mémoriel structure l’ensemble. Les dalles de béton des ateliers deviennent des aires de jeux et des promenades. L’ancienne retorderie accueille un théâtre de verdure. L’agence Soja signe trois petites folies, dont un manoir dédié aux chauves-souris. Les bâtiments conservés abriteront bientôt un cinéma et un pôle sport-santé.