Architecture d’intérieur | Pourquoi les formations express sont un piège
Le Conseil Français des Architectes d’Intérieur (CFAI) alerte sur la multiplication des formations courtes assurant une reconversion rapide en architecture d’intérieur. Ces cursus séduisent par leur flexibilité et leur promesse d’accès à un métier créatif, mais cachent une réalité bien différente.
L’architecture d’intérieur ne se résume pas à l’agencement de mobilier ou au choix de couleurs. Elle demande des compétences techniques pointues : conception structurelle, maîtrise des réglementations du bâtiment, dessin technique, gestion de projet et de budget. Un architecte d’intérieur dialogue avec les entreprises, suit les chantiers et est assuré pour exercer.
Or, 80 % des formations courtes confondent architecture d’intérieur et décoration, laissant les diplômés démunis face aux exigences réelles du métier, sans assurance professionnelle ni compétences techniques suffisantes.
Le CFAI recommande de privilégier les formations reconnues, publiques ou privées, offrant un solide socle de connaissances.
Venise à Paris | La collaboration exclusive entre Minassian et Arrivabene
L’architecte d’intérieur Chahan Minassian a présenté dans sa galerie parisienne les créations verrières exceptionnelles du comte Giberto Arrivabene pendant le salon Maison & Objet. Installé à Venise depuis 2018, Chahan Minassian collabore étroitement avec les artisans locaux, notamment les maîtres verriers de Murano. Il développe des luminaires sculpturaux et ses tables basses « Canal Grande » sont devenues sa signature.
Héritier du palais Papadopoli transformé partiellement en hôtel Aman, Giberto Arrivabene perpétue la tradition verrière vénitienne avec une exigence qualitative. Ses créations se distinguent par leur finesse : verres gravés de façades vénitiennes, gobelets colorés et pièces sablées d’une légèreté exceptionnelle. Pour obtenir cette qualité, le taux de rebut atteint 66 %.
La collaboration entre les deux créateurs a donné naissance au verre « Chahan » bleu turquoise à bordure verte. L’exposition présentait également une lampe inédite et un panneau de verre coloré rendant hommage à Mark Rothko. Ces pièces illustrent l’évolution d’Arrivabene vers des œuvres purement artistiques, dépassant la fonction utilitaire. Cette synergie créative positionne les deux hommes comme des ambassadeurs de l’excellence artisanale vénitienne.
Réhabilitation du bâti | L’architecture d’intérieur réclame sa place dans la loi
Alors que le Sénat vient d’adopter l’inscription de la réhabilitation comme acte d’intérêt public dans la loi de 1977 sur l’architecture, les architectes d’intérieur se mobilisent, via une pétition, pour obtenir une reconnaissance officielle de leur profession. Le Conseil Français des Architectes d’Intérieur (CFAI) souligne un paradoxe : leur profession ne bénéficie d’aucune définition juridique ni protection du titre.
Cette situation génère une confusion préjudiciable. Sans cadre réglementaire, n’importe qui peut se revendiquer architecte d’intérieur, ce qui nuit aux professionnels diplômés justifiant de cinq années d’études supérieures (niveau sept France Compétences). Les maîtres d’ouvrage peinent à distinguer les compétences réelles, et les étudiants font face à une prolifération de formations inadéquates.
Le CFAI rappelle que l’architecture intérieure, née dans les années 1920 de la nécessité de transformer le bâti existant, constitue une expertise essentielle. L’European Council of Interior Architects, qui représente 18 000 membres dans 20 pays européens, milite déjà pour cette reconnaissance. Face aux défis de la rénovation énergétique et patrimoniale, la France accuse un retard qu’il devient urgent de combler.
L’architecte Pierre Yovanovitch ressuscite la maison d’édition Ecart
Architecte d’intérieur reconnu pour son approche épurée et raffinée, Pierre Yovanovitch vient de reprendre les rênes de la galerie Ecart. Fondée par Andrée Putman, cette maison d’édition mythique renaît rue Jacob, à Paris, sous l’impulsion du designer français. Fort d’une équipe de 130 collaborateurs répartis entre Paris, New York et la Manufacture d’Argentat récemment acquise, le groupe P.Y. affiche une santé florissante malgré le contexte économique difficile.
L’architecte, qui supervise chaque détail de ses projets avec une rigueur quasi obsessionnelle, a épuré le catalogue d’Ecart. Désormais concentré sur une dizaine de signatures majeures du XXe siècle — Pierre Chareau, Jean-Michel Frank, Eileen Gray ou Mariano Fortuny — il ambitionne de rééditer ces pièces iconiques à l’identique. Une exposition solo dédiée à Paul László marque cette nouvelle direction.
Parallèlement, Pierre Yovanovitch dévoile Beauregard, sa deuxième collection de mobilier en chêne et laque. Son agenda 2026 prévoit notamment les décors de l’opéra Siegfried à Rome et l’achèvement du restaurant new-yorkais du chef étoilé Daniel Humm.