Bleu, blanc, vert | Le port Gallice au cap d’Antibes
Dix ans de travaux et un budget de 15 millions d’euros HT auront été nécessaires pour métamorphoser le port de plaisance Gallice, au cap d’Antibes. L’architecte Philippe Prost a mené cette opération récompensée par le prix « Réhab XX » qui distingue les réhabilitations exemplaires du patrimoine de la seconde moitié du XXe siècle.
Baptisé « Bleu, blanc, vert », le projet prolonge la vision initiale de Guillaume Gilet, Grand Prix de Rome, tout en répondant aux enjeux climatiques actuels :
- Côté bleu : les quais ont été rehaussés de 40 cm pour anticiper la montée des eaux et les pentes inversées pour capter les eaux de ruissellement polluées.
- Côté blanc : les 4 500 m² de bâtiments ont retrouvé leur rationalité moderne.
- Côté vert : le site de 7,3 hectares est passé d’un espace minéral à un véritable port-jardin.
Le paysagiste Antoine Quenardel et la Villa Thuret (Inra) ont sélectionné 10 000 spécimens adaptés au stress hydrique et aux embruns. Une expérimentation d’un an a permis de tester les espèces sur site. Les parkings, bordés de noues végétales et équipés de dalles filtrantes, illustrent cette approche scientifique rigoureuse. Le port candidate désormais au label « Architecture contemporaine remarquable ».
Butte Pinson | Le cap des 50 % de surfaces restaurées est franchi
Ancienne carrière de gypse de 122 hectares, étouffée sous des décennies de décharges sauvages, la butte Pinson entre Seine–Saint-Denis et Val-d’Oise poursuit sa mue. Île-de-France Nature, qui fête ses cinquante ans en octobre, vient d’inaugurer la sixième tranche de travaux : la clairière des Bas Jardins. Ce secteur de sept hectares à Villetaneuse, financé à hauteur de 1,72 M€ TTC, propose désormais un mail arboré, une roseraie sauvage, un belvédère et une grande prairie. Au total, 844 arbres et 465 arbustes ont été plantés, avec des bosquets refuges dédiés à la biodiversité.
Ce jalon marque le franchissement du seuil de 50 % d’emprises restaurées. Reste une quarantaine d’hectares à reconquérir, dont le secteur de la Redoute et du Champ-à-Loup, où un volume de déchets et de pollutions sans précédent attend les équipes. Une mission de quantification par drone est déjà lancée pour évaluer les volumes et définir les méthodes d’intervention.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie régionale plus large. Île-de-France Nature mène simultanément la renaturation du bois du Piple (110 ha) dans le Val-de-Marne et prépare des aménagements dans les Yvelines et en Seine-et-Marne.
Strasbourg | Une « école dans la forêt »
L’École européenne de Strasbourg, créée en 2008 et désormais saturée, va bénéficier d’une restructuration et d’une extension majeures. Le concours, inscrit dans le contrat triennal 2024-2026 visant à conforter le statut de capitale européenne de la ville, a été remporté en mars 2026 par Oslo Architectes.
Le projet retenu propose une « école dans la forêt ». Sa volumétrie compacte, développée en R+3, limite l’emprise au sol pour préserver le patrimoine arboré. Point fort : une salle d’évolution en R+4, véritable belvédère au-dessus des cimes, traversée et ventilée naturellement. La structure porteuse en bois, les isolants biosourcés et les matériaux bas carbone garantissent flexibilité et réversibilité complète.
Le programme prévoit 4 585 m² de surface utile en extension (une école primaire de 24 classes pour 600 élèves) et 7 863 m² restructurés. L’ensemble vise la labellisation Passivhaus, pour une enveloppe estimée à 16,9 M€ HT. La piétonnisation de l’îlot complète l’ambition environnementale.
Livraison prévue au deuxième trimestre 2030.
Lagny-sur-Marne | 1,3 km de berges renaturées
À Lagny-sur-Marne, l’agence de paysage Praxys a achevé un ambitieux projet de renaturation des berges de la Marne, porté par la communauté d’agglomération de Marne-et-Gondoire. Objectif : rendre l’inondabilité acceptable tout en régénérant un écosystème dégradé.
Sur 4,4 hectares et 1,3 km de linéaire, des palplanches ont cédé la place à des enrochements. Ce recours au génie végétal a permis de stopper le batillage, de recréer des frayères et de restaurer la ripisylve grâce à des nattes de coco pré ensemencées. Au total, 1 523 arbres ont été plantés.
Le chantier, qui aura mobilisé dix années de développement, inclut la réouverture du ru Bicheret (jusqu’alors busé) dans le square Foucher-de-Careil. Deux parcs (Saint-Père, 1,8 ha ; Ferme des Saules, 1,5 ha), une promenade et une plateforme belvédère en bois complètent le dispositif. Là où la végétation existait déjà, l’agence a fait le choix de ne pas intervenir, se limitant à installer une passerelle contemplative et à supprimer la tonte sur certaines zones.
Coût total : 8,2 M€ TTC, cofinancés par le conseil départemental et l’agence de l’eau Seine-Normandie.
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07 juillet 2026