Ajap 2025 | 23 lauréats récompensés par le ministère de la Culture
Le 10 décembre 2025, la ministre de la Culture Rachida Dati a décerné les Albums des jeunes architectes et paysagistes (Ajap) à 23 équipes sélectionnées parmi 152 candidatures. Cette distinction récompense des concepteurs qui osent « construire autrement » en privilégiant la frugalité des ressources, l’intégration du vivant et la réparation territoriale.
Ces prix valorisent trois catégories : architectes (15 agences), paysagistes-concepteurs (3 agences) et autres voies de l’architecture (5 structures). Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement de deux ans par la Cité de l’architecture et du patrimoine et par l’Institut français. Parmi les candidatures, trois structures ont été sélectionnées dans la catégorie « Paysagistes-concepteurs » : Acmé Paysage, La Talvera et Studio Mathieu Lucas.
Ivanne Gribé, fondatrice de La Talvera, a profité de cette tribune pour défendre la profession. Elle alerte sur deux enjeux majeurs : les coupes budgétaires qui fragilisent les petites communes rurales et l’arrivée de l’intelligence artificielle face à laquelle les paysagistes accusent un retard technologique.
Changement de présidence à l’Unep | Défis économiques et écologiques au programme
L’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) a désigné Nicolas Leroy comme nouveau président lors de son assemblée générale au salon Paysalia. Ce dirigeant de 50 ans, à la tête de Leroy Paysages et Dervenn Travaux et Aménagement en Mayenne, succède à Laurent Bizot après ses deux années de mandat.
Le secteur du paysage affiche une santé économique robuste avec 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, soit une progression de 10 % en deux ans. La filière compte 33 550 entreprises et emploie 143 300 personnes, dont 112 400 salariés (81 % en CDI) et 14 300 apprentis.
Nicolas Leroy apporte une solide expérience : 25 ans dans le métier et une implication active à l’Unep depuis 2017. D’abord président départemental en Mayenne, il a gravi les échelons jusqu’à présider la commission économique en 2022. Sa feuille de route s’articule autour de trois axes majeurs : soutenir le développement économique des entreprises, renforcer l’attractivité des métiers et accélérer la transition écologique du secteur. Des défis centraux dans un contexte où le paysage devient un acteur stratégique de la transformation environnementale des territoires.
Prix Espaces publics | La métamorphose réussie de la colline d’Elancourt
La colline d’Elancourt vient de recevoir le prix Espaces publics et paysagers, dans le cadre du Prix de l’Equerre d’argent.
Cette reconnaissance vient saluer la transformation d’une ancienne carrière-décharge qui accumulait gravats et déchets depuis des décennies, devenue le point culminant de l’Île-de-France et un parc sportif de 52 hectares.
L’agence D’ici là, menée par Claire Trapenard et Sylvanie Grée, a relevé le défi avec une approche mesurée. Le site a d’abord accueilli les épreuves de cross-country des JO de Paris 2024, puis s’est transformé en espace public accessible à tous. Les architectes-paysagistes ont préservé la topographie existante et la végétation qui avait naturellement colonisé les lieux.
Le projet impressionne par sa sobriété économique : 20 euros/m² seulement pour 10 millions d’euros de travaux au total. Le jury salue cette approche « révolutionnaire » qui démontre qu’un territoire malmené peut devenir un lieu attractif.
Île-de-France | L’artificialisation des sols repart à la hausse en 2023
L’Observatoire régional du foncier (ORF) révèle une augmentation de 24 % de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers (Enaf) en Île-de-France. En 2023, 756 hectares ont été artificialisés contre 609 en 2022. Cette hausse pourrait résulter d’un effet rattrapage post-Covid, selon Violette Legros de l’ORF.
La Seine-et-Marne domine avec 350 hectares consommés, suivie des Yvelines (172 ha), de l’Essonne (156 ha) et du Val-d’Oise (69 ha). Deux intercommunalités connaissent une forte accélération : Grand Paris Seine & Oise triple sa consommation (88 ha), tandis que Paris-Saclay la double (76 ha). À Marcoussis, 80 % des surfaces urbanisées concernent l’extension de data centers.
L’habitat retrouve sa place prépondérante dans l’artificialisation, inversant la tendance observée depuis 2011. L’efficacité foncière se dégrade : le ratio surface construite/surface consommée chute à 0,8 pour l’habitat et 0,73 pour l’activité. Cette baisse marque le premier recul depuis 2009 pour le logement.
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