Enseignants pas contents, Anne Hidalgo vent debout contre la signature du permis de construire de la Gare du Nord, réfection de la Tour Perret grenobloise et flèche de Notre-Dame. C’est parti pour l’HebdoMAF 116 !
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Roselyne Bachelot interpellée par les enseignants en architecture

Ils sont enseignants contractuels ou vacataires des Ensa et ont décidé de profiter du changement de pensionnaire de la rue de Valois pour mettre en lumière leurs conditions de revenu en inadéquation avec leurs expériences, leurs qualifications ou encore leur ancienneté. 

Roselyne Bachelot, nouvelle ministre de la Culture, n’aura pas eu le temps de déballer ses cartons que déjà, plus de 200 signatures provenant de 20 écoles lui réclament d’agir. En toile de fond, une pauvreté de moyens qui pénalise la formation des étudiants d’aujourd’hui, « architectes de demain ». 

Plus largement, ils demandent également «l'équilibrage de traitement des enseignants contractuels et des vacataires, […] en référence à ce que devrait normalement percevoir un fonctionnaire exerçant les mêmes fonctions » et « la reconnaissance et l'identification par arrêté de toute discipline enseignée en écoles d’architecture depuis l'arrêté du 20 juillet 2005, et  l’article L752‐2 du code de l'éducation ; notamment les langues étrangères pour l’architecture et l'informatique dédiée à l’architecture ».

La lettre de Laurent Salomon, architecte DPLG, adressée au ministre de tutelle de la profession est à retrouver sur le site du moniteur.fr (lien dans le titre de l’article).
 

Anne other conflit autour de la Gare du Nord

L’épidémie de Coronavirus avait presque fait oublier le feuilleton qui divise partisans et opposants, mais la signature du permis de construire par le préfet a relancé les antagonismes : le projet de rénovation-extension de la Gare du Nord est lancé. 

Ce qui ne semble pas du tout du goût d’Anne Hidalgo, maire réélue de Paris, et de plusieurs grands noms de l’architecture tels que Jean Nouvel ou Roland Castro, signalant leur profond désaccord dans une lettre ouverte. 

Pour rappel, il s’agit d’injecter 600 millions d’euros destinés à refondre totalement l’édifice accueillant 700 000 voyageurs par jour, tout en y intégrant plus de 20 000 mètres carrés de commerces, au cœur d’un quartier déjà saturé. 

Pour la Mairie de Paris, les inepties s’accumulent autour de ce projet porté par Ceetrus, la foncière du groupe Auchan. Entre des temps de trajets rallongés au profit de l’intérêt commercial, des flux de circulations à rebours du bon sens et un calendrier intenable d’ici la livraison prévue pour les JO 2024, les raisons de repenser le tout étaient assez nombreuses pour être considérées. 

Pour apaiser la situation, le gouvernement s’est engagé sur 13 points nouveaux, parmi lesquels la création d'un important parking à vélos", le "lancement d'études pour améliorer l'accès à la gare par le nord" ou encore "la prise en compte du réaménagement du parking souterrain" pour "libérer le parvis de la gare des déposes-minute". En outre, est prévu un "renforcement de la qualité environnementale du projet en augmentant les surfaces végétalisées et par le réemploi des eaux de pluie". 

Trop peu pour l’équipe municipale qui y voit un déni de démocratie et un « Notre-Dame-des-Landes » en plein Paris … 
 

A Grenoble, la mythique Tour Perret-nisée

C’est un rendez-vous que les grenoblois attendent depuis 50 ans : celui qui doit leur permettre de renouer avec la vue à 360 degrés sur la ville qu’offre la tour Perret. Fermée au public depuis 1960, la tour est désormais entre les mains expertes de François Botton, architecte en Chef des Monuments Historiques, l’édifice étant classé depuis 1998.

Construite en 1924 par l’architecte Auguste Perret, à l’occasion de l’organisation d’une exposition internationale, la Tour, jamais vraiment entretenue, montre les signes d’un délabrement avancé. Ferraillages dénudés et oxydation des armatures métalliques provoquant un éclatement du béton conduisent aujourd’hui à une nécessaire rénovation.

Reste que la manœuvre est délicate et dépasse l’enjeu local : « Ce chantier nourrira la connaissance de la restauration des bétons à l’échelle internationale. J’ai suggéré d’intégrer la tour Perret dans un programme international qui réunit des laboratoires pour débattre des questions de restauration des bétons qui deviennent cruciales aujourd’hui. De ce point de vue la restauration de la tour Perret est une opération innovante : elle permettra de contribuer à l’évaluation des performances des réparations sur les structures historiques en béton », selon François Botton.
 

Consensus autour d’une reconstruction à l’identique de la flèche de Notre-Dame

Le geste architectural promis par le Président de la République la nuit du drame, s’éloigne de la flèche de Notre-Dame. C’est du moins ce que laissait entendre Roselyne Bachelot, la nouvelle ministre de la Culture interrogée par France Inter. Évoquant un large consensus se dessinant autour d’une reconstruction à l’identique, la pensionnaire de la rue de Valois a remis la décision à la commission en charge du dossier. 

Parmi les arguments avancés, Olivier de Châlus, porte-parole de l'association des scientifiques pour Notre-Dame, invoque le fait que le projet de Viollet-le-Duc, à l’origine de la flèche détruite dans l’incendie, émanait déjà d’une volonté de restaurer la cathédrale à l’identique. Un argument qui a le mérite d’être du côté de la loi. Comme le rappelle le chef de file des scientifiques, la charte de Venise implique de restaurer un monument tel qu'il était lors du dernier état connu.

Sur la table des discussions, deux autres sujets : la charpente et le toit. Pour cette première, l’Ordre des architectes et les représentants de la filière sylvestre française ont fait entendre leur volonté que la « forêt », nom de la charpente du XIIIème siècle, soit reconstruite à l’identique. 

Affaires à suivre … 

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