A mesure que la possibilité de partir à l’étranger cet été s’évanouit, le monde de la construction reprend progressivement du service. L’HebdoMAF fait le point à une dizaine de jours du déconfinement.
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Premières reprises de chantier, premiers retours d’expérience

A quoi ressemble la vie sur un chantier en mode COVID-19 ? Certains peuvent d’ores et déjà esquisser une réponse suite à la reprise, partielle mais réelle, de certains chantiers. C’est le cas notamment à Saint-Jacques-de-la-Lande (35), à quelques encablures de Rennes, où le chantier de construction de 41 logements mené par le promoteur social Keredes a rouvert depuis peu.

Gestes barrières obligent, la vie de chantier n’a pas renoué avec son rythme de croisière normal, et seulement 5 compagnons sur 15 répondent à l’appel. Séparés en différentes zones afin de limiter la co-activité aux mêmes endroits, les travailleurs se soumettent aux exigences strictes fixées par le guide de l’OPPBTP.

Au-delà de la petite bouffée d’air frais pour les entreprises, ces reprises permettent des retours d’expériences précieux. C’est le cas notamment de certains chantiers qui ont dû cesser après n’avoir rouvert que quelques heures, impuissants face aux inextricables problématiques de nettoyage mal résolues ou encore d’échafaudages de façade jugés « sur-confinant » pour les résidents.

 

Roland Carta dans les colonnes du moniteur.fr : « il faut revoir les pratiques de la commande »

Pour Roland Carta, architecte et fondateur de l’agence Carta et Associés à Marseille, le monde de la construction doit être réamorcé par un choc de l’offre. Si aujourd’hui le rendement observé peine à atteindre les 70% du fonctionnement normal, la reprise progressive doit permettre de renouer rapidement avec les modes de collaboration habituels : « Teams ne remplace pas la planche à dessin ! »

Pour autant, le retour à l’activité ne saurait être aussi rapide que l’arrêt a été brutal. En cause, l’impossibilité de fournir aux collaborateurs, les moyens de se protéger efficacement contre le COVID-19. Pour l’architecte et vice-président de la MAF « trouver des masques, c’est aussi difficile que de trouver une commande ».

Mais le fond du problème est ailleurs. Pour se relancer, l’activité doit s’affranchir des lourdeurs administratives et s’autoriser « une déréglementation provisoire » dans le sens d’une simplification des demandes d’urbanisme. Pour Roland Carta, le postulat est simple : si on ne fluidifie pas les dépôts de permis de construire et leurs instructions, c’est toute la chaîne de la construction qui risque d’en pâtir. 

Un choc de simplification donc, auquel devra se joindre un grand plan d’investissement sur la ville et le logement particulier, pour soutenir l’activité des architectes et des entreprises sans recourir aux aides d’une part, et trouver les remèdes aux crises actuelles d’autre part. Tout un programme.

 

Le postmodernisme selon Paolo Portoghesi 

Dans les colonnes de Courrier International, très largement occupées par la crise planétaire du COVID-19 se cache une double page qui questionne : et si on renouait avec une architecture plus ludique ? Dans le viseur de cet article pioché dans Il Venerdi Di Repubblica, la disparition du « PoMo », vent de fraîcheur qui a soufflé sur l’architecture dans les années 1970.

Venu s’affranchir des codes au moment où les architectes s’affranchissent des murs, le postmodernisme ouvre alors une perspective nouvelle qui tient sur une ossature, subtil équilibre de pleins et de vides. 

C’est à partir de 1980 que le courant postmoderniste s’impose sur la scène internationale, grâce à l’action d’un homme : l’architecte Paolo Portoghesi, alors directeur de la Première Biennale de Venise. A cette occasion, 20 grands architectes ont été invités à réaliser des façades architecturales monumentales, comme autant de décors de théâtre : la Strada Novissima, véritable rue postmoderne imaginaire. Alors assez peu connue du grands publics, la liste de ces contributeurs est, bien des années plus tard, édifiante. Parmi les participants, des starchitectes à la renommée mondiale : Frank Gehry, Ricardo Boffil, Arata Isozaki, Robert Stern, ou encore Rem Koolhaas.

Entre déclin rapide au profit du rationalisme plus adapté au système économique, importance du superflu et nécessité de guérir la ville, l’intégralité de l’interview avec Paolo Portoghesi est à retrouver ici.

 

Qui sera le 38ème lauréat du Prix de l’Equerre d’Argent ?

L’an passé, lors de la 37ème édition, c’est Charles-Henri Tachon qui avait été sacré pour sa résidence Julia-Bartet, reconnaissable à son béton bleu teinté dans la masse immédiatement remarquable à la frontière du 14ème arrondissement et du périphérique parisien. 

Pour lui succéder, il faudra, comme chaque année, commencer par candidater. Dès à présent, et jusqu’au 11 Septembre, date de clôture des candidatures, les prétendants devront envoyer un dossier complet et présenter un ouvrage livré entre le 1er Septembre 2019 et le 31 Août 2020.

Durant deux mois, un jury composé d’experts indépendants étudiera les différentes réalisations réparties dans les 5 catégories du prix entre « Habitat », « Culture, jeunesse et Sport », « Lieux d’activités », « Espaces publics et paysagers » et enfin « Prix de la Première Œuvre ».

Les lauréats seront dévoilés à l’occasion de la traditionnelle soirée de remise des prix prévue le 23 Novembre 2020 à Paris.

Comme chaque année, la MAF est partenaire du Prix de la Première Œuvre, qui récompense un architecte de moins de 35 ans dans sa première réalisation.

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